Paris Images Pro et Location Expo : affluence des professionnels et conférences de haut vol

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Carreau_du_Temple,_Paris_2015

Le Carreau du Temple à Paris

Le salon des lieux de tournage (Paris Images Location Expo 2016) se tenait en même temps – et au même endroit – que Paris Images Pro (ex Idiff) dédié à l’image numérique (tournage – diffusion – production), les 2-3 février 2016 dans un écrin totalement rénové, le Carreau du Temple, réouvert aux publics en 2014. La première impression en entrant dans le salon tient à l’affluence des visiteurs (20 minutes d’attente environ à l’entrée) et l’importance des exposants (au nombre de 90, chiffre de la Commission du film Ile-de-France) qui proposent durant deux jours toutes les possibilité d’accueil de tournage afin d’attirer les productions françaises et internationales dans les décors les plus variés de France. Étaient présents :

  • La Région Ile-de-France : la Mission Cinéma, la Maison de l’Orchestre national d’Ile-de-France, le domaine de Villarceaux,  l’Agence des Espaces Verts.
  • 44 sites franciliens répartis dans les 8 départements de la Région Ile-de-France, dont les plateaux de tournage.
  • 10 organismes nationaux.
  • 16 commissions régionales du Film
  • 5 associations professionnelles (décors, repéreurs, régisseurs, dir. de prod, assistants réalisateurs)
  • Le collectif Écoprod.

La commission du film Ile-de-France annonce un record de participation avec 2085 visiteurs, soit +13% de progression par rapport à 2014. L’ensemble des décors figure dans sa base de données : plus de 2200 lieux disponibles pour les tournages.

Paris Images Pro : de la Réalité Virtuelle au Crédit d’impôt

Conférences fort intéressantes et variées pour les professionnels présents dans le grand auditorium du Carreau du Temple. Résumé en texte et en images :

  • La réalité virtuelle (VR) pour les néophytes : 

Clément Strippoli, Marketing Manager de GoPro, revenait sur le rig 6 caméras GoPro permettant de filmer à 360° pour créer un environnement de Réalité Virtuelle. Il expliquait les possibilités d’assemblage des 6 flux d’image provenant du rig afin de créer une vidéo immersive. Le workflow immersif GoPro => Rig pour caméras Hero4 + 6 GoPro + 6 cartes SD class 10 minimum. Logiciel Autopano Video Pro et Giga (Kolor) pour la synchronisation dans le logiciel (la « couture » des vidéos se fera bientôt directement dans le rig comme si les caméras n’en formaient qu’une), un ordinateur équipé d’une Ram et d’un GPU capable de traiter le montage vidéo. Il est possible d’utiliser un plugin Kolor afin de visualiser directement le rendu et ajouter des effets dans Premiere et After Effect Apple.

Clément présentait des systèmes d’immersion virtuelle et les Apps pour les smartphones, les casques et caméras d’immersion du marché (Google Cardboard, Jaunt, Odyssea, Homido, Oculus Rift, Samsung Gear VR). Il revenait sur les faits marquants du monde de la VR, qu’il s’agisse du rachat en 2015 du français Kolor par le californien GoPro ou celui, en mars 2014, d’Oculus VR, spécialiste américain des casques de réalité virtuelle, par Facebook pour 2 milliards de dollars !

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  • Jusqu’à la Palme d’Or : la technique des caméras Sony CineAlta

NEW ! NEW ! : Pour les caméras Sony Serie-F, un nouvel enregistreur  double carte Sony  AXS-R5N en RAW pour augmenter la durée d’enregistrement. Il permet également 30 sec. de stockage RAW en mémoire cache pour capter les images avant déclenchement de la caméra afin de ne rater aucuns moments inattendus. De plus, l’enregistreur prend en charge les images HFR (Haute fréquence d’image) en RAW 4K 120p !

Nicolas Eveilleau, 1er assistant-caméra, revenait sur la technique des caméras Sony CineAlta avec lesquelles il a travaillé, en publicité comme en documentaire, et long-métrage fiction dont « Dheepan », Palme d’Or 2015. Nicolas est également expert indépendant certifié Sony. Le film de Jacques Audiard a été photographié par Eponine Momenceau avec une caméra Sony CineAlta PMW-F55 (Panavision) assez compacte pour être portée à l’épaule, et des optiques fixes Cooke S3 (pour casser l’aspect digital) ainsi qu’un zoom Angénieux Optimo 24-290 mm. Jean-Yves Martin, Chef de Produit Sony, animait la conférence.

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  • Les Grands Formats

Retour et prospective sur les caméras à grand capteur avec notamment la Arri Alexa 65 utilisée (A-Camera) sur une dizaine de films en 2015 (Planetarium, Sully, Rogue One : A Star Wars Story, Snowden, Dr Strange, Assassin’s Creed…), la Red 8K, et du côté de Panavision et Vantage de nouveaux objectifs pour capteurs supérieurs aux formats traditionnels Super 35 et anamorphique. Patrick Leplat, Panavision France, revenait sur les capteurs grand format CMOS. Il expliquait que pour juger d’un capteur, il faut tenir compte de son format, de sa définition et du contraste. Il projetait la bande-annonce des « 8 salopards » de Tarantino (film tourné en 70 mm Ultra Panavision, ratio d’image 2.76:1). Bande-annonce récupérée sur Internet en MP4 convertie en Apple ProRes et projeté dans une qualité très correcte en HD afin de démontrer qu’une image riche en information au tournage conservera une belle qualité en dépit des compressions. Les directeurs photo Vincent Jeannot, et Pierre-Hugues Galien intervenaient durant la conférence, ainsi que Georges Lechaptois, directeur photo de Planetarium de Rebecca Zlotowski, 1er film français tourné en Arri Alexa 65. Neil Fanthom, directeur marketing technique Arri Rental, détaillait les caractéristiques de la caméra Alexa 65 (ratio d’image 2.11 open gate) avec la complicité de Natasza Chroscicki d’ImageWorks, représentant de Arri en France.

Interrogé, le directeur photo Darius Khondji s’exprimait à propos de l’Alexa 65 : « La caméra Alexa 65 marque le démarrage d’une nouvelle ère, il s’agit juste d’une bien meilleure caméra ! »

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Crédit d’impôt : les enjeux pour la filière française

Le débat animé par Michel Gomez, délégué de la mission cinéma de la ville de Paris, était organisé par le CNC et recevait en introduction sa Présidente, Frédérique Bredin qui soulignait toute l’importance de l’augmentation du crédit d’impôt (CI) cinéma au 1er janvier 2016 à hauteur de 30 % pour tous les films de plus de 7 M€ (contre 4 M€ auparavant), et pour les films d’animation à hauteur de 25 %, sans oublier le taux de 30 % d’abattement et un plafond de 30 M€ (contre 20 M€ en 2015) pour le crédit d’impôt international. Patrick Bloche, Député de Paris, Président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, qui s’est battu en faveur d’une fiscalité encore plus intéressante pour le cinéma, rappelait que les 30% d’abattement équivalaient à injecter de 80 à 100 M€ supplémentaires chaque année dans le secteur du cinéma. Montant non négligeable en période de crise. Il rappelait qu’un euro de crédit d’impôt cinéma induisait 11 € de retombée sur le territoire et 3,60 € de recette fiscale pour l’Etat. Catherine Bozorgan, productrice (Manchester Films) expliquait que le tournage du film d’Albert Dupontel « Au revoir là-haut » avait été relocalisé en France (au lieu de la Hongrie) dès que les premières informations de revalorisation du CI avaient circulé en septembre 2015. Ceci alors que le découpage technique et le choix des décors hongrois avaient déjà été validés par Dupontel. Guillaume Thouret, directeur général de Capa, soulignait que malgré le succès de Versailles saison 1 (Canal+ Création Originale, Capa Drama, Zodiak, et Incendo), la saison 2 restait un défi à produire et que l’augmentation du CI permettait d’abaisser le risque financier. Le responsable de Capa insistait sur le fait qu’en dépit de certains avantages fiscaux qui existaient jusqu’à présent de tourner à l’étranger, cela se traduisait souvent par un surcoût pour la production du fait de l’absence de talents, compliquant ainsi les tournages délocalisés. Charles Gilbert, producteur (CG Cinéma), convenait de la complexité de produire des films à l’étranger. Jean Mizrahi, Président Directeur Général de Ymagis (prestataire et post-producteur) affirmait que les premiers effets du crédit d’impôt se faisaient sentir dans son secteur avec le retour de la post-production en France de films et de séries Tv initialement prévue à l’étranger.  Même remarque de la part de Thierry de Segonzac, président de la Ficam, qui notait que certains loueurs de matériel avaient récupéré en France des tournages prévus initialement à l’étranger. Thierry de Segonzac insistait sur le fait que le crédit d’impôt n’avait rien à voir avec un niche fiscale, mais correspondait bien à une mesure d’attractivité pour notre territoire.

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Le regroupement dans un même lieu de deux événements tels que Paris Images Location Epo et Paris Images Pro a parfaitement fonctionné et contribue à promouvoir auprès des producteurs, en France et à l’étranger, les nombreux atouts de notre territoire dont les savoirs-faire de nos industries techniques et de leurs techniciens.

Photos © Cine.Tv.Industry – Paris Images Pro. Texte © Cine.Tv.Industry

 

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