Cinéma des Cinéastes : départ de Michel Ferry à la programmation

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ARP Michel Ferry 2L’ARP (société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs) annonce que depuis le 1er janvier 2016, Michel Ferry a quitté ses fonctions de programmateur de la salle Le Cinéma des Cinéastes (Paris XVIIe) pour se consacrer à ses activités dans l’exploitation du cinéma Art & Essai Les Carmes à Orléans, mais aussi au bureau de l’AFCAE (Association Française des Cinémas Art et Essai) et comme membre de l’ADRC (Agence pour le Développement Régional du Cinéma).

Les Cinéastes de l’ARP tiennent à lui exprimer leurs plus sincères remerciements pour son travail durant ces nombreuses années. En participant à d’importantes restructurations en étroite collaboration avec

Cinéma des Cinéastes A

Cinéma des Cinéastes près de la place Clichy à Paris.

les équipes du Cinéma des Cinéastes et de l’ARP, tout d’abord en qualité de gérant puis comme programmateur, Michel Ferry a su préserver et transmettre l’identité particulière du Cinéma des Cinéastes, et la vision de ses fondateurs.

Pierre de Gardebosc continuera d’assurer la programmation de la salle, qui restera un lieu singulier d’expérimentation et d’animation.

24èmes Rencontres Cinématographiques de l’ARP  » the place to be ! « 

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ARP Sissako

Abderrahmane Sissako, président des 24èmes Rencontres cinématographiques de l’ARP à Dijon (c) Julien Attard

Toujours aussi riches intellectuellement parlant, ces rencontres cinématographiques, présidées par d’Abderrahmane Sissako, auteur, réalisateur et producteur franco-mauritanien, étaient organisées du 16 au 18 octobre à Dijon par l’ARP (Société civile de perception et de répartition des Auteurs, Réalisateurs et Producteurs indépendants). Dans un communiqué final, les membres de l’ARP ont fait ressortir qu’il est urgent de repenser en profondeur la manière d’exposer les films alors que le numérique à changer radicalement la manière d’accès aux oeuvres des réalisateurs.
VOD, SVOD, TV, TNT, salles de cinéma (numérisées à 100% en France)… cette multiplicité d’écrans est aujourd’hui une chance pour la diffusion du cinéma, et de toutes les cinématographies.

Faut-il encore qu’il y ait une entente collectivement sur la manière de réguler cette diffusion à l’échelle nationale comme internationale. Et de se souvenir du rôle essentiel de la France dans le succès de l’exception culturelle à l’échelle européenne.

Affiche ARP Rencontres Dijon
L’ARP souligne qu’il devient urgent de repenser la relation singulière qui unit la télévision et le cinéma, et de prendre enfin en compte ce qu’est devenu le petit écran et ce que sont devenus les spectateurs qui veulent du cinéma.
C’est pour cette raison que l’ARP demande au Ministère de la Culture et de la Communication, au CNC, ainsi qu’au CSA, d’organiser conjointement un travail autour de la télévision et de son devenir qui permettra de retrouver une approche globale du secteur dans la régulation française. Il faudra notamment mieux prendre en compte le rôle des câblo-opérateurs, satellites et FAI qui distribuent l’offre cinématographique française et européenne. Et réfléchir à la télévision de rattrapage pour les chaînes gratuites et payantes. Ce service doit pouvoir s’ouvrir au cinéma et se démocratiser largement. Le cinéma ne doit pas être le grand oublié de ce mode d’accès aux œuvres, pour ne pas risquer de défaire cinquante ans d’éducation à l’image.

Cette ouverture ne peut se faire que de manière encadrée, et l’ARP en appelle notamment à France Télévisions et aux pouvoirs publics pour présenter un modèle expérimental ambitieux en matière de régulation, qui permette une rémunération juste des ayants-droit et qui n’obère pas les chances de développement des offres alternatives payantes en inondant les écrans d’une offre gratuite surabondante. La rémunération au clic doit être pour l’ARP, un principe fondateur de ce modèle.

Ces travaux devront également s’inscrire dans une reprise des négociations entre organisations et  chaînes de télévision autour de quelques idées clefs. En particulier des obligations de groupe qui associent une plus grande liberté de diffusion pour les chaînes contre une meilleure répartition des financements. L’ARP fait savoir que ces accords sont aussi le moyen d’accompagner les acteurs historiques dans le non linéaire. Et d’être à l’écoute des usages d’une nouvelle génération de spectateurs en leur proposant un cinéma de qualité.

L’ARP appelle de ses souhaits pour que le monde du cinéma soit associé à tout regroupement qui permettrait de faire immerger un acteur national de SVOD de grande envergure, tout en rétablissant l’équilibre concurrentiel au sein de l’Europe. Pour l’ARP, il ne s’agit pas de retrouver un équilibre via un nivellement par le bas de la régulation nationale. Il faut adapter, et non détruire, pour voir loin. C’est pour cela que la société civile des auteurs, réalisateurs, producteurs continue à demander que des mesures efficaces soient vraiment prises contre la piraterie.piraterie-net-720x340

Par ailleurs, la suite des Assises du cinéma doit permettre la prise de mesures rétablissant les grands équilibres du secteur, principalement entre l’exploitation et la distribution, qui offriraient une meilleure répartition des copies et une plus grande équité. Ainsi, l’ARP souhaite que soient rediscutées les propositions d’engagements croisés, une répartition de la valeur et une fiscalité plus cohérente, une analyse des conditions de concurrences par zone de chalandise… Maîtriser l’inflation des copies pour retrouver une exposition des films dans la durée.

À la veille de la finalisation des premières réformes proposées dans le rapport Bonnell, l’ARP reste très attentive à ce que le CNC affiche détermination et ambition quant aux mesures en matière de transparence et d’économie plus équitable. L’ARP demande ainsi un calendrier de mise en œuvre resserré et précis, qui suppose aussi un engagement ferme et volontaire du Ministère de la Culture et de la Communication, en particulier pour les réformes qui devront être portées par la loi. no_pasaran

Le combat n’est pas terminé, alors que Jean-Claude Juncker à Bruxelles semble plus déterminé encore que son prédécesseur à sacrifier la Culture à d’autres impératifs.