Public Sénat : quel avenir pour le documentaire?

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Dans un communiqué du 1er juin que nous reproduisons ci-dessous, la SCAM s’inquiète Public Sénatde la nouvelle orientation donnée par Emmanuel Kessler, le nouveau président de la chaine Public Sénat. L’information prendrait le pas sur le documentaire, d’où l’inquiétude de la SCAM qui représente un bon nombre d’auteurs et de journalistes.

 » Ce n’est déjà plus une rumeur, Emmanuel Kessler, le nouveau président de Public Sénat a évoqué devant une commission sénatoriale sa volonté de développer l’information au détriment du documentaire.

La Scam qui représente les auteurs de documentaires, de magazines et de nombreux journalistes (free lance, France TV, AFP…) est donc particulièrement bien fondée à déplorer cette évolution.

Certes, le documentaire ne disparaîtra pas totalement de l’antenne mais toute réduction est gravement préjudiciable, notamment l’éventuelle suppression de sa principale case du lundi en 2nde partie de soirée.

Public Sénat est non seulement une télévision de service public mais une chaîne citoyenne qu’il est contestable de vouloir transformer fut-ce partiellement en chaîne d’information continue.

– l’information et le documentaire y ont leur place autant l’un que l’autre. Un flux d’information ne saurait remplacer des documentaires dont la diversité des regards, le temps d’élaboration, le recul, l’analyse… constituent des compléments indispensables à l’information, particulièrement à celle dite en continue.

– L’information est chère et il est évident que le budget qui va venir financer des tranches d’informations ne financera plus le documentaire, or, Public Senat a su trouver une place singulière dans le paysage documentaire. Elle sait proposer des films qu’on ne voit pas ailleurs et permet ainsi à des auteurs et des producteurs d’offrir un autre regard sur le monde. Elle est également devenue un marché important pour les secondes diffusions.

Récompensée à plusieurs reprises (notamment par deux Prix Albert-Londres en cinq ans, dont celui décerné ce week-end à Cécile Allegra et Delphine Deloget pour leur remarquable film Voyage en Barbarie), une remise en cause de cette politique documentaire qui passerait par une réduction des moyens ou de la visibilité, serait un acte suicidaire sur le plan éditorial et irresponsable sur le plan politique.

La Scam demande donc à Emmanuel Kessler de renoncer à ce projet et de maintenir les cases documentaires existantes et les moyens budgétaires correspondants afin de continuer à offrir au téléspectateur un éclairage sur le monde indispensable au citoyen. »

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